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1/07/2026

Écarts de rémunération et seuil des 5 % : comment éviter l’exposition juridique et « l’explosion sociale » ?

Notre expert Rémunération

Ludovic Wolff

Ludovic Wolff

Practice Leader Rewards, Benefits & Share Plan

1- Quand vos écarts de rémunération deviennent opposables

 

La mise en œuvre de la directive européenne sur la transparence des rémunérations, via son intégration progressive dans le droit français, va rendre vos écarts de rémunération femmes‑hommes plus visibles, plus comparables et plus facilement discutables, en interne comme en externe. Ces écarts ne seront plus un simple indicateur RH : ils pourront éventuellement alimenter des contentieux individuels et collectifs, et peser sur le climat social.

Dans ce contexte, le seuil des 5 % joue un rôle clé. Au‑delà de ce niveau, sur des emplois comparables ou des catégories de travail de même valeur, l’employeur est alors davantage attendu sur sa capacité à :

  • Expliquer les écarts observés ;
  • Démontrer qu’ils reposent sur des critères objectifs et neutres ;
  • Montrer comment il traite les écarts qui ne peuvent pas être justifiés.

Notre expert Rémunération

Ludovic Wolff

Ludovic Wolff

Practice Leader Rewards, Benefits & Share Plan

Avant qu’il ne soit trop tard : identifier vos fragilités face à la transparence des rémunérations

 

La transposition de la directive européenne sur la transparence des rémunérations dans le droit français est annoncée pour l’automne 2026. Dans les mois qui viennent, un nouveau cadre, beaucoup plus exigeant en matière de transparence et d’égalité salariale, va s’imposer à l’ensemble des organisations.

Cet article vous propose 7 signaux concrets, pour vous aider à évaluer vos risques et passer à l’action.

2- De quels écarts parle‑t‑on vraiment ?

Beaucoup d’entreprises disposent d’un écart global femmes‑hommes, tous salariés confondus. Utile pour donner un ordre de grandeur, cet indicateur est en revanche difficile à exploiter pour décider d’actions concrètes.

On observe que les organisations qui avancent le mieux sur le sujet s’appuient plutôt sur des écarts calculés sur des périmètres homogènes : familles de métiers, fonctions, niveaux de responsabilité, catégories de travail de même valeur, parfois entités ou zones géographiques comparables. C’est à ces niveaux‑là que le seuil des 5 % commence à avoir du sens.

Un autre point de clarification utile concerne la définition de la rémunération : salaire fixe seul, fixe + variable, prise en compte de certains avantages… Il n’existe pas de modèle unique, mais des choix de définition à expliciter, à documenter et à appliquer de façon cohérente.

3- Le seuil des 5 % : un signal d’alerte

Dans la pratique, le seuil des 5 % agit davantage comme un signal d’alerte que comme une frontière nette entre ce qui serait acceptable et ce qui ne le serait pas.

Au‑delà de 5 % sur des emplois comparables, la question n’est pas seulement “que dit le chiffre ?”, mais plutôt :

  • S’agit‑il de quelques situations particulières ou d’un schéma récurrent ?
  • Existe‑t‑il des différences de situation qui permettent de comprendre l’écart (niveau de poste, expérience, compétences rares, conditions d’exercice…) ?
  • Que reste‑t‑il une fois ces éléments pris en compte ?

 

4- Construire une analyse ajustée

L’objectif est de disposer d’une lecture structurée et partageable des écarts.

 

a/ Clarifier les périmètres de comparaison

Une première étape consiste à définir des groupes de postes qui, dans votre réalité, relèvent des mêmes logiques de rémunération : familles de métiers, niveaux de responsabilité, grandes catégories de fonctions.

En pratique, peu d’entreprises disposent de référentiels métiers et compétences à jour permettant de faire ce travail de manière robuste. Alixio Group vous accompagne dans la construction ou l’actualisation de vos cartographies métiers et référentiels de compétences, dans le prolongement de vos démarches GEPP, afin de sécuriser vos périmètres de comparaison et vos analyses d’écarts de rémunération. Vous avez des questions à ce propos, contactez-nous !

b/ Identifier quelques facteurs clés

Pour chaque périmètre, il est utile de retenir quelques facteurs qui influencent normalement le niveau de rémunération : niveau de poste, ancienneté, temps de travail, expérience, éventuellement certains éléments de performance lorsqu’ils sont objectivés.

 

c/ Distinguer ce qui s’explique de ce qui reste inexpliqué

Une fois ces éléments posés, l’analyse revient à comparer les rémunérations entre femmes et hommes à situation comparable : à niveau de poste, ancienneté, temps de travail et expérience similaires, observe‑t‑on toujours des écarts significatifs ?

Cette approche permet, sans entrer dans le détail des méthodes statistiques, de distinguer :

  • une part expliquée des écarts, liée à des différences de situation,
  • une part inexpliquée, qui persiste alors que les profils sont comparables.

Ce sont ces écarts inexpliqués, notamment lorsqu’ils dépassent le seuil des 5 % et concernent plusieurs personnes, qui méritent une attention particulière.

Le seuil des 5 % : un signal d’alerte

5- Documenter vos justifications : un enjeu clé en cas de contentieux

Au‑delà des chiffres, ce qui est souvent déterminant en cas de contestation, c’est la capacité de l’entreprise à rendre ses arbitrages lisibles et traçables.

Beaucoup d’organisations constatent qu’elles gagnent à formaliser une grille simple de critères de rémunération : qu’est‑ce qui justifie, chez elles, une différence de niveau de salaire entre deux postes ou deux personnes ? Niveau de responsabilité, périmètre managérial, expertise rare, contraintes spécifiques, contribution… Les critères peuvent varier d’une entreprise à l’autre, l’enjeu étant surtout de les expliciter et de les relier à la réalité des pratiques.

La traçabilité de certaines décisions individuelles est un autre point clé : maintien d’un salaire de marché lors d’une mobilité interne, rattrapage ciblé, promotion accélérée, recrutement d’un profil rare… Avoir gardé la mémoire de ces arbitrages facilite ensuite leur explication.

Enfin, la démarche d’analyse elle‑même (périmètres retenus, facteurs pris en compte, sources de données) est généralement conservée. Elle constitue un socle utile pour répondre à des demandes d’explication et pour actualiser régulièrement le diagnostic.

 

6- Limiter les tensions internes lorsque les chiffres circulent

Lorsque les chiffres d’écarts de rémunération commencent à circuler, ils viennent souvent confirmer ou contredire des perceptions déjà présentes dans l’entreprise. La manière dont l’organisation s’en empare peut réduire ou amplifier les tensions.

Trois dimensions reviennent fréquemment dans les organisations :

  • La première tient au discours porté par la direction : un message de Direction générale qui reconnaît les écarts identifiés, explique les contraintes (budgétaires, organisationnelles) et présente une trajectoire de traitement est souvent mieux reçu qu’un silence ou qu’une communication uniquement défensive.
  • La deuxième concerne le rôle des managers. Ce sont eux qui, au quotidien, sont sollicités par les équipes. Lorsque les managers sont associés à la démarche, informés en amont et dotés de quelques messages clés ainsi que de repères sur ce qu’ils peuvent dire ou non, on observe que beaucoup de situations sont sécurisées et que les réponses improvisées diminuent.
  • La troisième dimension relève du dialogue social. On constate que partager la méthode, échanger sur la priorisation des actions et articuler les ajustements avec les négociations existantes permet de traiter les désaccords dans un cadre connu de tous, plutôt que de les laisser s’exprimer uniquement sur le terrain de l’émotion ou du rapport de force.

7- Passer du constat à une trajectoire de correction réaliste

Une fois les écarts identifiés et qualifiés, se pose la question du rythme et des modalités de correction. Rares sont les organisations qui peuvent, en une seule fois, traiter l’ensemble des écarts inexpliqués sans créer d’autres déséquilibres.

Une approche pragmatique consiste à :

  • Repérer les périmètres où les écarts inexpliqués sont les plus importants et les plus visibles,
  • Apprécier les risques associés (juridiques, sociaux, d’image),
  • Estimer les impacts financiers de différents scénarios de correction.

Sur cette base, il devient possible de définir une trajectoire pluriannuelle, articulée avec les campagnes de révision salariale, les négociations annuelles obligatoires et les transformations déjà engagées (réorganisations, harmonisations de politiques, etc.).

Cette trajectoire n’a pas besoin d’être figée : elle peut être réajustée au fil des mises à jour du diagnostic, des contraintes budgétaires et des échanges avec les parties prenantes. L’essentiel est d’éviter à la fois l’inaction et les réponses ponctuelles sous pression, qui peuvent donner un sentiment d’injustice à ceux qui ne bénéficient pas de ces ajustements.

8- Comment Alixio Group peut vous accompagner ?

Chez Alixio Group, nous abordons les écarts de rémunération par les métiers et les compétences. Nos cartographies métiers et référentiels de compétences, déjà mobilisés dans vos démarches de GEPP, constituent la brique de base pour définir des périmètres de comparaison pertinents et répondre aux exigences de la Directive Transparence des rémunérations.

Pour en savoir +, consulter notre page Accompagnement GEPP : anticiper les métiers et sécuriser les parcours

Alixio Group vous accompagne ensuite dans la mise en place d’une démarche d’analyse et de pilotage alignée avec vos enjeux :

  • Pour les TPE, PME ou filiales de groupes, un Diagnostic Flash Transparence des rémunérations offre une première vision structurée de vos écarts, met en évidence les zones les plus sensibles et propose des axes de travail prioritaires avant l’entrée en vigueur du nouveau cadre.
  • Pour les ETI et grandes entreprises, un Audit Rémunération offre un accompagnement sur 3 à 6 semaines par un consultant expert, avec une analyse approfondie de vos données et de vos pratiques, en embarquant COMEX et équipes RH pour définir des scénarios de correction articulés à vos cycles budgétaires, à votre GEPP et à votre dialogue social.

Pour en savoir + : contactez-nous

 

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